Le football haïtien au bord de l’abîme

By gabcito September 6, 2017 12:09

Le cœur des fans du football en Haïti bat actuellement au rythme de l’édition 2017 de la coupe de la Présidence. Le week-end à venir (10 septembre) verra débuter le tournoi de clôture du championnat national de D1. Pourtant, si l’on se fie aux déclarations du président de la Fédération haïtienne de football (FHF), la situation du football haïtien est plus que catastrophique. Yves Jean-Bart, visiblement paniqué, fait appel à l’Etat et plaide pour qu’il y ait une loi sur le sport.

A quelques jours du coup d’envoi du tournoi de fermeture du championnat national de D1, la situation des équipes engagées est plus que compliquée. En effet, l’appel au secours lancé par les clubs cayens n’a toujours pas eu de réponse. Que dire de la situation des terrains qui vont recevoir les rencontres. En clair, la coupe de la Présidence n’est autre que l’arbre qui cache la forêt. A ce sujet, le président de la FHF, impuissant, a, malgré tout, confirmé la date retenue pour le début de la seconde phase de la compétition reine du pays.

La D1 débutera le 10 septembre

S’exprimant à propos de la compétition reine du pays, Yves Jean-Bart a fait les précisions suivantes : « Le championnat national reprend le 10 septembre, autrement dit, le week-end à venir. Beaucoup de joueurs, de coachs, d’arbitres, impayés, partent ailleurs, au Brésil ou au Chili. Tous nos clubs ne savent quoi faire. Notre seul espoir n’est autre que la subvention (100 millions de gourdes) que l’Etat s’était engagé à verser au football pour soutenir les clubs, les sélections, l’académie CAMP NOUS. Elle doit arriver immédiatement pour nous soulager et aider les activités de football à reprendre. Sinon, ce sera plus que difficile avec toutes ces dettes ».

Et si Haïti perd Saeta ?

« Gérer tous ses engagements relève de l’acrobatie. Si l’on excepte Cuba où le sport est une affaire d’Etat. Haïti est le seul pays du top 10 de la Concacaf à ne compter aucun sponsor, sinon Saeta, notre équipementier que nous pourrions d’ailleurs perdre puisque nos fans compatriotes achètent peu de maillots replica. Ce faisant, ils ne supportent presque pas leur équipe nationale. Nous sommes complètement démunis. Il nous faut absolument cela, car seules les autorités peuvent le faire ».

Dadou plaide pour qu’il y ait une loi sur le sport

On en parle, et ce, depuis belle lurette. Mais cette fois, c’est le président de la FHF qui monte au créneau pour évoquer la fameuse loi sur le sport en ces termes : « A ce jour, nos équipes nationales de football voyagent aux quatre coins du monde et jouent sur tous les continents. Il est obligatoire que, dans son pouvoir régalien, l’Etat haïtien supporte le football dans sa mission de promouvoir l’image du pays en sortant une loi ou des circulaires administratives pour que les grandes entreprises d’Etat soutiennent toutes les équipes de football d’élite. Par exemple, toutes entreprises publiques et privées dépensent beaucoup en mettant sur pied des équipes corporatives de foot ou de basket. Pourquoi ne pas sortir une loi leur faisant obligation sociale de soutenir au moins un club de football comme cela se fait au Maroc, en Algérie et dans beaucoup de pays d’Afrique. Comment peut on vouloir de bons résultats et ne pas pouvoir payer les coachs et investir dans un programme d’élite, investir dans ses infrastructures sportives, prendre les jeunes en charge, assurer une petite subvention aux jeunes qui sont doués, ouvrir des stades d’élite dans tout le pays pour former vers le haut niveau les talents qui ne manquent ».

Haïti privée d’une politique d’élite

« A travers nos équipes de jeunes qui dominent depuis quelque temps le football juvénile de la Craïbe et notre sélection nationale qui, avec Trinité-et-Tobago et Jamaïque, forme le peloton de tête de la région, nous avons prouvé que nous étions capables. En face, cependant, nos concurrents ont de gros sponsors. Ici, nous sommes totalement démunis. Il est temps de changer, trop de frustrations chez nos jeunes. En football et en basket-ball, nous avons de grandes stars de calibre mondial et nous n’arrivons pas à les regrouper en équipe nationale parce que nous n’avons pas une politique d’élite », a fait remarquer le Docteur du football.

Le cri de désespoir de Dadou

En guise de dernier mot, le président de la Fédération haïtienne de football a, d’un air inquiet, lancé cet appel aux autorités étatiques du pays : « C’est un cri de désespoir, car faire jouer le football chaque dimanche aux quatre coins du pays, maintenir cette cohésion sociale, nous rend vraiment fou. Nous avons écrit au ministère des Finances depuis plus d’un mois pour crier au secours. Nous venons d’envoyer une lettre SOS au président de la République et nous attendons. En 2015, sous la présidence de Martelly, à l’initiative du ministre Wilson Laleau, membre de la famille du football et du ministre Jimmy Albert, l’Etat s’était engagé à verser 100 millions de gourdes chaque année à la FHF. La première fois, nous avions reçu environ la moitié et pour 2016/2017, on attend encore alors que nous sommes à la fin de l’exercice ».

En dépit du fait que les clubs nagent dans la misère et que les responsables de la fédération haïtienne de football ne savent à quel saint se vouer, le tournoi de clôture du championnat national de D1, bien que nous sommes au stade des quarts de finale de la coupe de la Présidence, devrait en principe reprendre ses droits les 9 et 10 septembre.

Legupeterson Alexandre
lenouvelliste.com

By gabcito September 6, 2017 12:09
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